DIVISIONS DE LA CHAÎNE ALPINE
Classification des Alpes d'après Josias SIMLER

CLASSIFICATION DES ALPES D'APRÉS JOSIAS SIMLER "DE ALPIBUS COMMENTARIUS"

Noms
Cols principaux
Points culminants
I
Alpes Maritimæ    
II
Alpes Cottiæ    
III
Alpes Graiæ    
IV
Alpes Pœninæ    
V
Summæ Alpes
   
VI
Alpes Lepontorium    
VII
Alpes Rhæticæ    

VIII
Alpes Juliæ    
IX
Alpes Carnicæ    
     
           
           
           
           
           
     
     

DIMENSIONS DES ALPES : LONGUEUR, LARGEUR ET HAUTEUR

« La longueur et la largeur des Alpes ont été l'objet d'appréciations contradictoires: Pline en a cité quelques-unes. Le passage, à mon avis du moins, est altéré; je le citerai toutefois tel qu'il se lit dans les manuscrits publiés: « Les Alpes mesurent, de l'Adriatique à la Méditerranée, dix milles, dit Cælius ; vingt-deux mille pas ordinaires (32,560 km), dit Timagène ; en largeur, Cornélius Népos et Tite-Live leur attribuent, à diverses reprises, l'un cent milles (148 km), l'autre trois mille stades (555 km). Cette largeur, en effet, qui, tour à tour, à la frontière italo-germanique, dépasse cent milles et n'en atteint pas soixante-dix (148 km et 103,600 km), est ailleurs assez faible, comme si la nature l'avait faite à dessein. La largeur de l'Italie au pied des Alpes, à partir du Var, par Vado (près de Savone), Turin, Côme, Brescia, Vérone, Vicence, Oderzo, Aquilée, Trieste, Pola-Arsia, atteint sept cent quarante-deux milles (1 098,160 km). » Tel est le texte de Pline. Mais d'abord, le chiffre de dix milles est de beaucoup inférieur à la longueur réelle des Alpes ou à la largeur de l'Italie, et je ne puis guère admettre que Cælius l'ait avancé ni que Pline l'ait reproduit sans le critiquer. Il faut, ou bien lire, au lieu de dix milles, quatre cent dix milles, largeur que Pline attribue à l'Italie, entre la Méditerranée et l'Adriatique, du cours du Var à celui de l'Arsa, c'est-à-dire entre les deux points qu'il regarde comme les deux extrémités des Alpes: on égaliserait ainsi les deux mesures; ou admettre que XM signifie dix fois cent milles : c'est ainsi qu'ailleurs encore il évalue à XXXM pas LVIII le tour de l'Italie, du Var à l'Ars a, ce qui signifie trente fois cent milles plus cinquante-huit. Gardons- nous de voir ici la distance à vol d'oiseau du Var à l'Arsa, suivant le système qu'il semble adopter ailleurs pour mesurer la largeur de l'Italie, mais bien la longueur des montagnes qui font à l'Italie une frontière arquée. Lorsqu'il ajoute, après les évaluations inégales de Cornélius Népos et de Tite-Live, que la largeur des Alpes dépasse parfois cent milles, il est d'accord avec le premier; mais en disant ensuite qu'elle n'atteint pas soixante-dix milles, il contredit Tite-Live qui l'évalue à trois mille stades. Car, de même qu'il leur attribue parfois une largeur supérieure à celle de Cornélius Népos, ici, semble-t-il, il a voulu indiquer une largeur moindre que celle de Tite-Live. Or, trois mille stades font vingt-quatre milles, chiffre bien inférieur aux soixante-dix milles cités plus haut.

Polybe dit: «Les Alpes, qui forment la limite septentrionale de l'Italie, s'étendent sur une longueur de deux mille deux cents stades, » soit deux cent soixante-quinze milles (407 km.) ; et Strabon le suit. Mais comme on n'est d'accord ni sur le commencement ni sur la limite extrême des Alpes, il n'est pas surprenant que leur longueur ait été diversement appréciée, Car, cette Italie, bornée et protégée par les Alpes, finit, suivant les uns, à la Carniole et à Trieste, suivant les autres, à Pola et au Formio, ou encore à l'Ars a en y englobant l'Istrie; ainsi pensent Pline et Strabon, qui ont adopté sur ce point l'opinion de l'empereur Auguste. «Les Alpes -- dit Polybe - commencent à Marseille et vont jusqu'au fond de la mer Adriatique. » Strabon, au contraire, les fait partir de Vado (près de Savone), et Pline, du Var. Quelques-uns aussi semblent parler de la distance à vol d'oiseau; les autres, de leur courbe en forme de croissant et de la longueur' d'une route qui en suivrait le pied. Mêmes observations pour la largeur: dans les Alpes proprement dites elle n'est pas partout la même; parfois des contreforts latéraux sont projetés au loin; puis, dans la description des chemins, la distance est calculée, tantôt pour l'ascension proprement dite, tantôt à partir de l'entrée des vallées, C'est ainsi que Polybe évalue à plus de cinq journées la durée de l'ascension des Alpes, ce qu'il ne faut pas entendre assurément de l'ascension de la montagne, en ligne droite, de la base au sommet.

La hauteur des Alpes est tout aussi controversée que leur longueur et leur largeur: on pense généralement gue ce sont les plus grandes et les plus hautes montagnes de l'Europe; car, contrairement à l'avis d'Appien, qui, dans son Espagne, donne la palme aux Pyrénées, il est certain que les Alpes ne le cèdent à celles-ci ni en hauteur ni en étendue, Voici en quels termes Strabon reproduit l'opinion de Polybe sur ce point: « Polybe - dit-il - traitant de la grandeur et de la hauteur des Alpes, compare à cette chaîne les plus hautes cimes de la Grèce: le Taygète, le Lycée, le Parnasse, l'Olympe, le Pélion, l'Ossa, et celles de la Thrace: l'Hémus, le Rhodope, le Dunax ; et il affirme qu'un touriste sans bagage peut sans peine, en un jour, faire l'ascension ou le tour de chacune d'elles, tandis qu'il faut plus de cinq jours pour gravir les Alpes. » Celles-ci, cependant, n'ont pas partout la même hauteur: elles som plus basses à leur point de départ, sur le littoral de la Méditerranée, et se dépriment de nouveau vers leur extrémité: aussi Pline remarque-t-il « que les crêtes alpines vont en s'abaissant du nord au sud à travers l'Illyrie, pour se terminer en pente douce en Pannonie, sur chacun de leurs versants».

Le milieu de la chaîne est plus élevé en général: pour Solin, le point culminant est le Viso où le Pô prend sa source; du moins il le qualifie de « plus dominant parmi les sommets des Alpes » ; selon d'autres, ce sont les Alpes lépontiennes, parce que de ces montagnes les plus grands cours d'eau s'écoulent dans toutes les directions: le Rhin, le Rhône, le Tessin, la Tosa, la Reuss, l'Aar. De leur côté, les habitants des Grisons et les Vallaisans prétendent que ce sont leurs Alpes respectives qui dépassent toutes les autres ».

*La mesure Itinéraire employée chez les Romains, le mille, était de mille pas et valait 1 480 mètres.
*Le stade, huitième partie du mille romain, équivalait à 185 mètres;

Divisions-Subdivisions-Références bibliographiques